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JOURNEE

Récemment des cas de tuberculose ont été diagnostiqués dans des foyers hébergeant des immigrés à Paris. Dans la Val de Marne dans la ressort de l'hôpital de Villeneuve Saint Georges ces dernières années 40 cas de tuberculose confirmées ont été hospitalisées.

Existe -t'il des foyers et des filières de contaminations dans ce département?

C'est à cette question que répond l'étude menée sur deux ans (1997-1999),associant l'Invs, dans le 94.
Elle associait une technique génotypique la RLFP (Restrictiv Fragment Line Protein) mise au point à l'hôpital H.Mondor à un entretien avec le patient lorsque cela était possible. La RFLP permettant à coup sûr de déterminer le lien contaminant existant entre deux patients dont les mycobactéries ont le même génome.
Les souches étant pour la plupart traitées dans les laboratoires des hôpitaux (mais aussi pour certaines par des laboratoires de ville).

L'entretien (long) ayant pour but de connaître les habitudes des patients, personnes actives ayant un emploi. Lieux de loisirs, cinémas, lignes de transports, familles etc…

Dès la mise en évidence de la mycobactérie par le laboratoire, l'information remonte au CDPM ou au SLAT qui informe l'infirmière du service qui convoque le patient en vue de l'entretien.
La limite d'efficience de ce circuit réside dans le retard apporté au diagnostic par la mise en culture de la mycobactérie et par la mise en œuvre de la RFLP qui est lourde.
Dans ce cas d'impossibilité d'entretien rapide du patient c'est le dossier médical qui fournit les renseignements nécessaires (avec lui aussi ses limites de tenue de dossier).

Les résultats

411 souches ont été inclues représentant une incidence de 25/100 000 mais seulement 87% d'entre elles ont été techniquées.
44% d'entretiens ont pu avoir lieu et l'on observe que 1/3 des patients n'est pas domicilié dans le département.
60% sont des hommes nés à l'étranger dans 60% des cas.
Les atteintes sont surtout pulmonaires mais aussi extra-pulmonaires avec 60%de formes bacillaires dans les atteintes pulmonaires
Une Co-infection avec le VIH dans 8.5 % des cas, 10.5% des mycobactéries sont résistantes avec 0.9%% de multirésistance (semblable au reste du pays).

Résultats RFLP

Sur les 358 souches exploitées 78 avaient un génome identique à un autre soit 22% des cas, donnant:

  • 27 groupes de 2 patients
  • 5 groupes de 3
  • 1 groupe de 4
  • 1 groupe de 5

L 'atteinte est donc diffuse en l'absence de foyers bien définis et semble assez spécifique du département.
Le lien épidémiologique a été retrouvé dans 3 groupes différents:

  • deux femmes yougoslaves
  • 2 indiens habitant sous le même toit
  • 2 portugais fréquentant le même café.

IL n'existe pas de facteurs de risques particuliers dans ce département, ni concernant l'habitat, ni de facteurs sociaux, ni liés au VIH. Comme seules variables , l'âge, le caractère actif avec emploi, entraînant un risque plus grand de contage.

En fait le lien épidémiologique est difficile à mettre en évidence (un contage de 8 heures est nécessaire pour la contamination).

En conclusion cette étude montre que dans ce département l'incidence de tuberculose est deux fois plus élevée que dans le reste du pays mais avec un taux semblable à celui de l'Ile de France.

Qu'il n'existe pas de foyer et que l'atteinte est diffuse ce qui nécessite une prise en charge de tous les habitants sans ciblage de population, la mise en place les moyens du suivi des patients en liaison avec les intervenants institutionnels et la médecine de ville (contrôles radiologiques à 3 et 9 mois).

Quant à la place de la RFLP, technique lourde, elle serait à réserver à la gestion d'expertise des épidémies de foyers de tuberculose.

Compte tenu de l'importance que revêt l'interrogatoire dans cette étude pour activer la recherche épidémiologique en cas de positivité il semble nécessaire qu'un interrogatoire plus précis du patient ait lieu concernant son environnement, son travail, ses habitudes, donc les personnes contactes possibles. Peut être serait- il judicieux de mettre en place une questionnaire standardisé dans cette perspective.

A l'hôpital de Villeneuve Saint - Georges

Dans cette étude 53 souches sont issues du laboratoire de l'hôpital, 49% concernaient des hommes dont 41% d'étrangers .

  • 45% de tuberculoses pulmonaires isolées
  • 12 tuberculoses mixtes
  • 17 extra-pulmonaires
  • 13% de co-infection au VIH
  • 11 cas groupés
  • 14 entretiens ont pu avoir lieu.

Référence : d'après les résultats de l'étude présentée le jeudi 16 janvier 2003 à l'hôpital de Villeneuve Saint Georges par les docteurs POIRIER et FEUR.

 


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